PhiLippE RamEtte

Né eN 1961 à Auxerre

vIt eT trAvaiLle à PaRis, FraNce

 

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Proche de l'univers de Kafka et d'Elias Canetti, Philippe Ramette produit des objets qu'il présente en installations, mettant en scène le rapport entre le spectateur-utilisateur et l'objet. Cette relation tient souvent de l'absurdité, suggérée sur un mode ludique ou plus grinçant, selon le travail, mais toujours avec poésie et humour.

Table à reproduction (1995), Prothèse à dignité en toute circonstance (1990) ou Modules à structurer les foules (1995), ils conditionnent le corps et l'expérience phénoménologique, sans que leur finalité ultime soit assignée.

Pourtant, l'action des objets de Philippe Ramette est double et ambivalente, assumant à la fois un rôle de soutien (à l'instar d'une prothèse, facilitant certains gestes) et un effet terrifiant : dépossession de soi par la contrainte, annihilation de la conscience individuelle au profit du corps collectif, évacuation de tout libre-arbitre et démonstration par l'absurde. Cette ambiguïté nous renvoie à nos propres abysses : le rêve secret de chacun n'est-il pas, au fond, que tout lui soit dicté et qu'il se voit délesté du fardeau de son écrasante liberté ? Régresser pour s'en remettre à une instance supérieure, n'est-ce pas quelquefois tentant ? Par l'intermédiaire de l'objet modeleur de comportement, le moi est relativisé et se fond dans un comportement collectif : l'intime devient public et l'individu se dissout.

Qu'il réalise des objets, du mobilier ou des installations, ses oeuvres ont toujours l'apparence de prototypes destinés à un usage individuel ou collectif.

Le corps du plasticien est souvent le sujet de son oeuvre. En supprimant les frontières entre l'oeuvre et son propre corps, Philippe Ramette se met en jeu. Le corps devient théâtre d'expérimentation de la douleur, de l'extase ou sculpture vivante, et chantante. L'artiste poursuit cette voie, mais avec une élégance glacée comme dans ses premiers objets comme la Boîte à isolement (1991), caisson de bois qui se ferme autour de la tête et s'utilise tel un carcan.

A la fois virtuels et disponibles, les oeuvres tiennent littéralement en suspens le spectateur. Faire ou ne pas faire le pas qui mènera à l'expérimentation, telle est la question...

 

Miroir à Ciel, 1989

 

Potence domestique, 1994

Bois et corde

 

Plongeoir II, 1995

Iroko vernis

 

Le Balcon I, 1996

Photographie couleur plastifiée, édition de 8

 

Poignées d'Amour, 1997

Table en bois, mannequins de cuir, édition de 3

 

Piercing, 1997

Métal, dimensions variables, Installation au Château de Bionnay, France

 

Sans titre(Eloge de la paresse I), 2000

Photographie couleur et croquis

 

Canon à Paroles, 2001

Inox et bois, Edition de 3

 

Starting Block à chute, 2001

Bois et métal

 

Objet d'amour, 2001

Bois, édition de 3

 

Le Suicide des Objets, 2001

Fauteuil et tabouret en bois, corde

 

Fauteuil à Coup de Foudre, 2001

Bois et métal, édition de 3

 

Vitrine, 2001

Bois et métal

 

Miroir rationnel, 2001

Métal et bois, édition de 3

 

Drapeau mondialiste d'intérieur, 2001

Métal, bois, moteur, impression numérique sur tissu

 

Le Balcon II, Hong Kong, 2001

Tirage numérique, édition de 5